Dans le cadre de son projet de société pour le prochain quinquennat, le président-candidat Denis Sassou Nguesso place la qualification professionnelle au sommet de ses priorités. L’ambition est claire et chiffrée : passer des six centres d’apprentissage publics actuels à une couverture totale du territoire, avec la création d’au moins un centre par chef-lieu de district.
L’urgence d’un changement d’échelle : de 6 centres à une couverture nationale
Le diagnostic du secteur de la formation professionnelle au Congo-Brazzaville révèle aujourd’hui un besoin criant de décentralisation et d’accessibilité. Avec seulement six centres d’apprentissage publics opérationnels sur l’ensemble du territoire, de nombreux jeunes se retrouvent éloignés des structures de qualification. Le programme 2026-2031 de Denis Sassou Nguesso propose de briser ce plafond de verre en multipliant les infrastructures de formation. L’objectif est d’implanter au moins un centre d’apprentissage dans chaque chef-lieu de district du pays, garantissant ainsi que chaque jeune, quel que soit son lieu de résidence, puisse accéder à un savoir-faire métier sans avoir à s’exiler vers les grands centres urbains.
Cette multiplication des centres représente un défi logistique et financier majeur, mais elle est présentée comme la condition sine qua non pour une croissance inclusive. En rapprochant l’école du terrain, le candidat de la majorité entend capter le potentiel de la jeunesse rurale et des petites agglomérations. Il ne s’agit plus de former une élite administrative, mais de bâtir une armée de techniciens qualifiés capables de soutenir le développement infrastructurel et productif du pays. Cette proximité géographique est le premier levier pour lutter contre l’oisiveté et favoriser l’auto-emploi à l’échelle locale.
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Des formations courtes et opérationnelles : l’apprentissage du concret
La philosophie de ce plan repose sur l’efficacité et la rapidité d’insertion. Contrairement aux cycles universitaires longs, les futurs centres d’apprentissage se concentreront sur des formations dites « courtes et opérationnelles ». Le contenu pédagogique sera essentiellement pratique, favorisant l’apprentissage du geste et la maîtrise de l’outil. Cette approche répond à une demande urgente du marché du travail congolais, où les entreprises et les chantiers de développement manquent cruellement de main-d’œuvre technique qualifiée et immédiatement disponible.
Les secteurs ciblés par ces nouveaux centres ont été choisis pour leur capacité à générer de la valeur et de l’emploi à court terme. Le bâtiment et les travaux publics (BTP), l’industrie, l’artisanat et les services techniques constitueront le socle de l’enseignement. L’idée est de former des maçons, des électriciens, des mécaniciens et des artisans nantis de compétences modernes. En dotant chaque district de ces capacités, le programme vise à rendre les territoires autonomes dans leur propre maintenance et leur propre construction, créant ainsi un écosystème économique circulaire où la richesse produite localement reste au sein de la communauté.
L’agriculture et l’autonomie : former pour nourrir la nation
Un accent particulier sera mis sur le secteur agricole au sein de ces structures. Dans un pays qui dispose de terres arables immenses mais encore sous-exploitées, la formation aux techniques agricoles modernes est un enjeu de souveraineté. Les centres d’apprentissage par district seront des laboratoires pour l’enseignement de l’agriculture mécanisée et de la transformation des produits locaux. En formant les jeunes aux métiers de la terre avec une vision entrepreneuriale, le candidat Sassou Nguesso espère susciter des vocations capables de transformer l’importation alimentaire en production nationale.
Ce pari de l’apprentissage agricole est le moteur de ce que le programme appelle « l’or vert ». Il s’agit de donner aux jeunes les moyens techniques de passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture de rendement. La formation portera non seulement sur la production, mais aussi sur la gestion des petites exploitations et la maintenance du matériel agricole. En sortant des centres, ces nouveaux agriculteurs seront prêts à intégrer les coopératives ou à lancer leurs propres projets, contribuant ainsi à l’autosuffisance alimentaire du Congo tout en s’assurant un revenu stable et valorisant.
Une insertion rapide pour une jeunesse actrice de son destin
L’objectif ultime de ce maillage territorial par les centres d’apprentissage est l’insertion professionnelle immédiate. Le projet de société 2026-2031 fait de la transition entre l’apprentissage et le premier emploi un axe majeur. En collaborant étroitement avec les acteurs économiques locaux, ces centres deviendront des passerelles directes vers la vie active. La formation pratique en entreprise et le compagnonnage seront encouragés pour que l’apprenant soit en contact permanent avec la réalité du métier.
Cette stratégie de formation par le bas est une réponse structurelle au chômage. Elle permet aux jeunes de se construire un avenir en s’appuyant sur leurs propres capacités techniques. Le diplôme de l’apprentissage ne sera plus un second choix, mais une certification d’excellence garantissant un emploi. Pour le candidat Denis Sassou Nguesso, c’est ce socle de compétences qui permettra au Congo de bâtir sa propre modernité, avec une main-d’œuvre nationale fière de son savoir-faire et prête à relever les défis de l’industrialisation.
Un souffle nouveau dans la campagne : l’enthousiasme de la jeunesse
En conclusion, ce programme de formation ambitieux s’inscrit dans une atmosphère de campagne particulièrement dynamique. À quelques jours du scrutin du 15 mars, on observe sur l’ensemble du territoire une mobilisation exceptionnelle de la jeunesse. L’enthousiasme manifesté lors des rassemblements et la ferveur qui entoure les promesses de modernisation témoignent de l’adhésion d’une nouvelle génération à cette vision de progrès. Ces jeunes, qui voient dans la multiplication des centres d’apprentissage une réponse concrète à leurs aspirations, s’imposent désormais comme les principaux ambassadeurs du projet présidentiel, prêts à transformer cet élan en une réalité électorale.



